Quel étrange moment, quand lui ou elle me blessent. Touche pas à ce que j'aime (surtout les séries, les films ou la musique) au naturel c'est vraiment comme ça que je réagis.

Lundi, mon Khal m'a rassurée. Il connait mon style & sait me dire oui quand je fais des progrès, mais finalement c'est lui ma salle de contrôle à présent. "Pourquoi ça va pas ?", toujours à faire attention à moi, mais pour moi ce n'est jamais assez, j'ai toujours cette peur de l'abandon. Pas une soirée, un moment bien ou une playlist qui ne passe sans que j'y pense au moins une seconde. Je m'imagine princesse, secrétaire médicale et pleins d'autres trucs mais au fond je sais que cette angoisse m'empêcherait de faire la plupart des choses dont je rêve. Et mon frère avec ses problèmes endocrinos, évidemment, je me sens plaquée contre un grillage, un katana sous la gorge tellement la peur m'empêche de respirer.
J'ai parfois l'impression d'être seule contre le monde entier, lundi j'avais besoin de réconfort, 42 j'ai envie de dire. Entre temps, j'ai envie de découvrir le nouveau Fessebook avec mon frère & ma mère, d'aller au ciné : regarder Juno avec ma mère, et puis j'adore voir des films avec mon frère, même s'il ne doit pas vraiment le savoir.
Mercredi je chante avec mon Khal, apparemment, il a hâte que je retourne à l'université, il me l'a dit vendredi. Génial, je me dis, +1 pour Anaïs et Chloé, que je reverrai avec plaisir même si ça signifie moins de temps avec mon Khal ou sur l'ordi avec ma meilleure amie.
Jeudi mon frère et moi on s'est pas vus, il était beau en tout cas samedi malgré sa fatigue. Je peux pas m'empêche de le trouver choupinet quand même & je le défends souvent auprès de mon Khal en essayant de me rassurer moi-même sur son état.
C'est là que je me dis que je suis bonne actrice mais vraiment pour le reste du monde. Moi, je suis sweetie, ou je farfouille chez les autres (pour trouver des points communs genre une passion pour le Rocky Horror Picture Show), j'aime marcher dans la neige toute fraîche, mais au fond je sais que quand je m'ennuie je mange.

Je joue même un rôle avec mon Khal des fois : "oui j'ai mal mais t'inquiètes pas la journée seule à l'appart ça va aller" (déjà la soirée j'ai du mal alors la journée, pas crédible hein ?). Je devrais être la quintessence du naturel avec mon Khal ou Juu, c'est plausible comme théorie : j'essaie toujours avec mon Khal et je sais que je devrais y'arriver, on est amoureux. Et puis je suis souvent mal, j'ai souvent besoin qu'on me sauve. Quant à Juu j'estime qu'elle a déjà beaucoup à penser avec le boulot qui se rapproche à grands pas, la fin de ses études.
Moi, je suis du style à pas trop me confier à mon frère irl mais je le faisais beaucoup par internet avant, on savait beaucoup de choses l'un de l'autre : notre genre de fille ou mec, probablement nos petites déviances, enfin surtout les miennes, et puis nos coups de blues. Si on était dans l'espace, j'aurais plus d'inspiration pour le graphisme et les légendes que je m'invente dans ma tête. Et même sans tout ça, je sens que je pourrais redevenir intéressante, un jour.
Mon frère avait toujours l'esprit de création & l'air d'avoir le sang plein de rhum : "elle s'en va quand Camille ?".
Voilà de quoi on parle maintenant : du côté obscur des choses.

Je promets, mon frère ne tue personne, j'ai souvent envie de lui faire des câlins, quand on vient voir mes parents avec mon Khal ou quand Juu est en visite, mais il ne s'emballe plus tellement et évidemment, c'est pas Poudlard chez moi on se tombe pas dans les bras à chaque fin d'aventure.

J'ai passé la soirée à manger des pêches, des champignons & à me demander comment ça aurait été si j'avais eu mon Khal et Juu avec moi au lycée.
Quand ils sont à la maison, je croque la vie comme un bonbon & j'ai pas l'air de sortir de Sainte Anne. Je ne suis plus cette petite chose solitaire... normalement, je fais des déductions à la Sherlock, parle de voyager en faisant de grands gestes.

Je vais être une dame & regarder le temps qui passe avec moins d'appréhension. Et monter dans le Tardis ! Me relever.
Ne pas disparaître.